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ment autorisés à songer de leur côté aux moyens d ' atteindre leur but commun , puisqu ' en admettant même le droit d ' une Puissance , de maintenir chez elle un système généralement regardé comme immoral et pernicieux , ce droit ne pouvoit pas déroger à celui des autres Puissances , de refuser toute protection directe ou indirecte à ce sys tême ; que d ' ailleurs les Gouvernemens avoient souvent exercé le droit d ' exclure des marchandises Etrangères de leurs Pays par des considérations simplement administratives , sans avoir été taxé d ' au . cune intention hostile .

M . le Plénipotentiaire d ' Espagne a déclaré sur cela , que si une mesure pareille étoit adoptée par une Puissance quelconque , Sa Ma . jesté le Roi d ' Espagne , sans disputer à cette Puissance le droit d ' agir d ' après ses propres principes , auroit recours à de justes représailles , en portant dans ses Etats des Loix probibitives contre la branche la plus utile du commerce du Pays dont le Gouvernement auroit provoqué cet acte de réciprocité .

M . M . les Plénipotentiaires de Portugal , ont adhéré à cette . claration .

M . le Prince de Metternich a dit , que le droit d ' une Puissance d ' exclure de ses Etats telle branche de commerce Etranger qui ne lui convenoit pas , ne pouvant être mis en doute en aucun cas , on ne sauroit lui contester non plus celui de répondre par des représailles à un acte d ' humanité dont elle se croyoit blessée ; - nais qu ' il dépendoit également de toute autre Puissance de se soumettre pour quelques années à un inconvénient ou à une privation réelle , plutôt que de renoncer à une mesure justifiée par des motifs de bienveillance géné . rale , et tenant à un systême solemnellement reconnu et adopté par elle .

M . le Comte de Nesselrode a déclaré qu ' il croyoit être assez instruit des intentions de l ' Empereur son Maître , pour ne pas douter , que Sa Majesté n ' hésiteroit point à faire aux principes qu ' elle avoit une fois embrassés le sacrifice même de quelques intérêts temporaires , et que par conséquent il partageoit l ' avis de M . le Prince de Metternich ; espérant toutefois que le cas que l ' on supposoit ici ne se réaliseroit jamais , et que la Proposition même de Lord Castlereagh et les Décla rations conformes des autres Puissances contribueroient à les dispenser d ' une mesure pareille .

M . le Plénipotentiaire de Prusse s ' est expliqué dans le même sens .

M . le Plénipotentiaire de Suède a dit , qu ' il ne pouvoit pas adhérer à la Proposition de Lord Castlereagh , sans en avoir référé à sa Cour ; qu ' il avoit cependant tout lieu de croire que son Gouvernement , d ' après ses dispositions connues , et son désir de seconder , dans tout ce qui regardoit cette Question la marche de l ' Angleterre , l ' adopteroit sans difficulté ; que la mesure éventuellement proposée , n ' avoit selon lui aucun caractère hostile , et ne sortoit aucunement de la ligue des