GREAT BRITAIN AND AUSTRIA , & c . 967

Grandes Puissances venoient de placer sous leur sauvegarde ; que la mesure qu ' il proposoit ici comme dernière ressource , contre la prolon gation gratuite d ' un commerce , sur le caractère duquel tout le Monde étoit enfin d ' accord , ne portoit que sur l ' exercice d ' un droit incontestable et de plus sur une obligation morale , inséparable du principe solemnelle inent avoué par toutes les Puissances ; qu ' il croyoit d ' ailleurs avoir conçu sa Proposition avec tout le ménagement possible , et dans les termes les plus mésurées qu ' il eut pu choisir .

Après ces observations préalables , Lord Castlereagh a lu la Pro . position suivante :

En terminant les délibérations actuelles sur les moyens de faire entièrement cesser la Traite des Nègres , les Puissances aujourd ' hui réunies pour cet objet sont invité à prononcer ( indépendamment de leur Déclaration générale ) leur adhésion pleine et entière à l ' Article Additionnel au Traité conclu à Paris entre la Grande Bretagne et la France , comme indiquant , d ' après leur avis , l ' époque la plus reculée que l ' on puisse raisonnablement exiger ou admettre pour la durée ultérieure de la Traite ; et à déclarer que tout en reconnoissant le devoir de respecter scrupuleusement les droits d ' autres Etats indé pendans , et en nourrissant l ' espoir de s ' entendre amicalement avec eux sur cette branche importante de la Question , les Puissances croient avoir , dans le cas que leur attente fut trompée , ime obligation morale à remplir , celle de ne pas souffrir que la consomination de denrées Coloniales dans leurs Pays devienne le moyen d ' encourager et de prolonger gratuitement un trafic aussi pernicieux ; de déclarer en outre , que sous ce point de vue d ' obligation morale , elles se réservent , dans le cas que la Traite des Nègres seroit continué par l ' un ou l ' autre Etat au delà du terme justifié par des motifs de nécessité réelle , de prendre des mesures convenables pour obtenir les dites denrées Co . loniales , ou des Colonies appartenant à des Etats qui ne toléreroient point la prolongation gratuite de ce trafic , ou bien de ces vastes Régions du Globe fournissant les mêmes productions par le travail de leurs propres Habitans .

M . le Comte de Palmella a dit , que ce Projet impliquoit l ' intention de ſorcer les Puissances , auxquelles des considérations particulières ne permettoient pas d ' abolir la Traite avant un certain nombre d ' années , à se soumettre au système de celles , qui croyoient pouvoir rapprocher le terme , intention qui ne s ' accordoit point avec les principes admis dans les Conférences , et reconnus même dans la Déclaration .

Lord Castlereagh a répondu , que pour opérer même le plus grand bien , il ne faudroit jamais forcer une Puissance indépendante , dans le sens que M . le Plénipotentiaire de Portugal paroissoit attacher à ce mot ; mais que si , dans une affaire qui , par son principe fundamental intéressoit l ' humanité toute entière , un Gouvernement persistoit à con trarier le væu connu de tous les autres , ceux - ci étoient indubitable